Cannabis

Canapis

Pantagruelion is a plant that was stowed in great abundance — green and raw, as well as confected and prepared — aboard the ships of King Pantagruel’s fleet in preparation for a voyage. The story is related in Le Tiers Livre des faits et dits Héroïques du noble Pantagruel (The Third Book of the Heroic Deeds and Sayings of the noble Pantagruel) by François Rabelais, doctor in medicine. Rabelais published this volume of his chronicle of the giants Gargantua and Pantagruel in Paris in 1546[1]. A revised edition appeared in 1552[2]. Rabelais died in 1553, around 60 or 70 years old.

The final four chapters of The Third Book, chapters 49 to 52 in the 1522 edition, are devoted to Pantagruelion. Rabelais describes its botanical form and its preparation and utility. He explains why it’s called Pantagruelion in the context of how plants obtain their names. He praises to the heavens a type of Pantagruelion that cannot be consumed by fire. He ends the book with a poem extolling Pantagruelion and the happy realm of France that abounds in it.

Rabelais’s description of Pantagruelion reveals a plant similar to hemp (Cannabis sativa, “chanvre” in French), except for its incombustibility. Cannabis was an important source of fibre that also has medicinal uses. His father and grandfather grew hemp on the family estate in the Loire valley[3].

Rabelais’s treatment of Pantagruelion echoes the Roman naturalist Pliny’s treatment of flax[4]. According to Pliny, the essence of flax is its fibre, linen, which is used in the production of rope, cloth, and paper. Pliny, who died in the eruption of Mount Vesuvius in AD 79, described a type of flax that is not consumed by fire, probably referring to asbestos[5].

Chanvre is not mentioned directly in Rabelais’s works[6], but Pantagruelion was identified with hemp by Le Duchat[7] in his 1711 edition of the works of Rabelais, and presumably earlier by many readers[8]. Pantagruelion, according to Le Duchat, can be identified as hemp not only by its botanical resemblance but “In as much as it is of that Plant the Cord is made which is used for the strangling of those who are so unhappy to be Gibbeted” [Ozell’s translation[9] of Le Duchat’s note]. Those so unhappy were thousands of religious dissidents executed during the reign of François I, king of France at the time of The Third Book’s initial publication.

The qualities that Rabelais ascribes to Pantagruelion and the enigmatic character of the presentation have led to numerous additional interpretations. Acknowledging Rabelais’s debt to Pliny, Abel Lefranc added that “one is however within rights to ask if the writer was not driven by a special circumstance to compose these celebrated chapters”[10].

Pantagruelion is mentioned twice in The Fourth Book of the Heroic Deeds and Words of Good Pantagruel[11], the chronicle of the royal fleet’s voyage. The Fourth Book begins by recounting how the fleet was equipped and loaded with Pantagruelion. Later in the voyage, while the fleet lay becalmed, Panurge, “his tongue in a stem of Pantagruelion, blew bubbles and gurgled.”


1. Rabelais, François (ca. 1483–1553), Le Tiers Livre des faictz et dictz Heroïques du noble Pantagruel: composez par M. François Rabelais docteur en Medicine, & Calloïer des Isles Hieres. L’auteur susdict supplie les Lecteurs benevoles, soy reserver a rire au soixante & dixhuytiesme livre. Paris: Chrestien Wechel, 1546. Les Bibliotèques Virtuelles Humanistes

2. Rabelais, François (ca. 1483–1553), Le Tiers Livre des Faicts et Dicts Heroïques du bon Pantagruel: Composé par M. Fran. Rabelais docteur en Medicine. Reueu, & corrigé par l’Autheur, ſus la cenſure antique. L’Avthevr svsdict ſupplie les Lecteurs beneuoles, ſoy reſeruer a rire au ſoixante & dixhuytieſme Liure. Paris: Michel Fezandat, 1552. Les Bibliotèques Virtuelles Humanistes

3. .

4. Pliny the Elder (23–79 AD), The Natural History. Volume 5: Books 17–19. Harris Rackham (1868–1944), translator. Cambridge, Massachusetts: Harvard University Press, 1950. 19. Loeb Classical Library

5. Pliny the Elder (23–79 AD), The Natural History. Volume 5: Books 17–19. Harris Rackham (1868–1944), translator. Cambridge, Massachusetts: Harvard University Press, 1950. 19.04. Loeb Classical Library

6. Demonet, Mare-Luce, “Littérature de la Renaissance et informatique. Sur les Électro-chroniques de Rabelais.” In Smith, Paul J., Editer et traduire Rabelais à travers les âges. Amsterdam: Rodopi, 1997. Google Books

7. Rabelais, François (ca. 1483–1553), Œuvres de Maitre François Rabelais. Publiées sous le titre de : Faits et dits du géant Gargantua et de son fils Pantagruel, avec la Prognostication pantagrueline, l’épître de Limosin, la Crême philosophale et deux épîtres à deux vieilles de moeurs et d’humeurs différentes. Nouvelle édition, où l’on a ajouté des remarques historiques et critiques. Tome Troisieme. Jacob Le Duchat (1658–1735), editor. Amsterdam: Henri Bordesius, 1711. Google Books

8. Rabelais, François (ca. 1483–1553), Le Tiers Livre. Edition critique. Michael A. Screech (b. 1926), editor. Paris-Genève: Librarie Droz, 1964. Introduction.

9. Rabelais, François (ca. 1483–1553), The Works of Francis Rabelais, M.D. The Third Book. Now carefully revised, and compared throughout with the late new edition of M. Le du Chat. John Ozell (d. 1743), editor. London: J. Brindley, 1737.

10. Rabelais, François (ca. 1483–1553), Oeuvres. Édition critique. Tome Cinquieme: Tiers Livre. Abel Lefranc (1863-1952), editor. Paris: Librairie Ancienne Honoré Champion, 1931. Introduction, p. c. Internet Archive

11. Rabelais, François (ca. 1483–1553), Le Quart Livre des Faicts et dicts Heroïques du bon Pantagruel. Composé par M. François Rabelais docteur en Medicine. Paris: 1552. Athena


Notes

Canapis

Canapis

Meydenbach, Jacob, Ortus Sanitatis. Mainz, Germany: 1491. 39v. University of Cambridge Digital Library

La Grande Maîtress

p 28. Il est probable que la Grande Maîtresse a subi un radoub, peut-être entre la fin 1529 et 1531. Le carénage précédent a eu lieu en 1525 et Jerôme Doria fait état d’une périodicité de quatre ans pour les carénages. Un document mon daté de la Bibliothèque Impériale de Vienne confirme l’opération: «Lettres permettant à frère Claude d’Ancienville, chevalier de Sant-Jean de Jerusalem, commandeur a’Auxerre, capitaine de la nef la Grande-Maîtresse, d’acheter en Dauphiné et en Provence les bois et cordages nécessaires au radoub de ladite nef, et de les faire mener à Marseille par l’Isère, le Rhône et la Durance sans payer de droits.»

p. 10. Ce fut une grande perte, car cette nef étrait grosse comme une caraque, bien garnie en artillerie au point qu’il n’existait pas à Gênes de semblable caraque.

Le nom de Grande Maîtresse, ou plus préciseément cette appellation, indique que le bâtiment appartenait, ou, plus exactement, avait appartenu, au Grand Maître de France. Il est mentionnée pour des opérations que se déroulent en Méditerranée en 1520, 1525, 1526, 1528 et 1529.

Les inventaires effectués au moment de la vente montrent que la nef était équipée d’une puissante artillerie de bronze, dont plusieurs pièces sont ornées de la salamandre, par exemple: Plus troys couleuvrines bastardes à la samalandre, poysans iii milliers ou environ chacun… Plus deux coulouvrines moyeners à la salamandre, pesans chacune xii quintaulx ou environ.

p. 172. Ancienville, Claude d’ — seigneur de Villiers. Chevalier et commandeur de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, fils de Claude d’Ancienville et d’Andrée de Saint-Benôit, frère d’Antoine et de Jacques d’Ancienville.

Il quitte Rhodes assiégée à bord de son brigantin le 18 juin 1522, apportant à François Ier un message du grand-maitre Villiers de l’Isle Adam qui demande des secours d’urgence.…. En juillet 1527, il est commandant de la Grand Maîtress, qui est à Toulon…. En 1530, des lettres royales l’autorisent à acheter en Dauphiné et en Provence les bois et cordages nécessaires au radoub de la nef et de les faire mener à Marseille.

p. 175. Ancienville, Jacques d’, seigneur de Révillon. Il reçoit, en juin 1537, la permission de faire conduire de Lyon à Marseille sans payer aucun droit de travers, péage et autres, pour l’armement des galères dont il a la charge, 250 quintaux de fer… 500 quintaux de cordages or chanvre….

[Historiquement, le quintal équivalait généralement à 100 livres. Le quintal français ancien valait 100 livres anciennes, donc environ 48,951 kilogrammes. Il faut toutefois noter que le quintal était encore utilisé au début des années 1960 à Strasbourg (67) pour mesurer 50 kg de charbon acheté en sacs.

Les poids de marc constituent un système d’unités de masse utilisé depuis le milieu du xive siècle et sous l’Ancien Régime français. Les poids de marc moyens sont organisés par la pile dite de Charlemagne, un ensemble de pierres de balance en godets s’empilant l’une dans l’autre d’un poids total de 50 marcs, soit environ 12¼ kilogrammes.

La livre des poids de marc ou livre de Troyes, attestée depuis le début du xiiie siècle, valut dans tout le royaume à partir de 1266. La livre de Troyes est en principe douze dixièmes de la livre carolingienne. Cette dernière fut instaurée en 793 par Charlemagne.]

Guérout, Max, La Grande Maîtresse, nef de François Ier. Recherches et documents d’archives. Bernard Liou, author. Paris: Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 2001. Google Books

Le Tiers Livre

Rabelais, François (ca. 1483–1553), Le Tiers Livre des faictz et dictz Heroïques du noble Pantagruel: composez par M. François Rabelais docteur en Medicine, & Calloïer des Isles Hieres. L’auteur susdict supplie les Lecteurs benevoles, soy reserver a rire au soixante & dixhuytiesme livre. Paris: Chrestien Wechel, 1546. Les Bibliotèques Virtuelles Humanistes

Le Tiers Livre

Rabelais, François (ca. 1483–1553), Le Tiers Livre des Faicts et Dicts Heroïques du bon Pantagruel: Composé par M. Fran. Rabelais docteur en Medicine. Reueu, & corrigé par l’Autheur, ſus la cenſure antique. L’Avthevr svsdict ſupplie les Lecteurs beneuoles, ſoy reſeruer a rire au ſoixante & dixhuytieſme Liure. Paris: Michel Fezandat, 1552. Les Bibliotèques Virtuelles Humanistes

Le Quart Livre

Rabelais, François (ca. 1483–1553), Le Quart Livre des Faicts et dicts Heroïques du bon Pantagruel. Composé par M. François Rabelais docteur en Medicine. Paris: 1552. Athena

Œuvres ed. Le Duchat

Rabelais, François (ca. 1483–1553), Œuvres de Maitre François Rabelais. Publiées sous le titre de : Faits et dits du géant Gargantua et de son fils Pantagruel, avec la Prognostication pantagrueline, l’épître de Limosin, la Crême philosophale et deux épîtres à deux vieilles de moeurs et d’humeurs différentes. Nouvelle édition, où l’on a ajouté des remarques historiques et critiques. Tome Troisieme. Jacob Le Duchat (1658–1735), editor. Amsterdam: Henri Bordesius, 1711. Google Books

Works ed. Ozell

Rabelais, François (ca. 1483–1553), The Works of Francis Rabelais, M.D. The Third Book. Now carefully revised, and compared throughout with the late new edition of M. Le du Chat. John Ozell (d. 1743), editor. London: J. Brindley, 1737.

Œuvres ed. Esmangart

Ou plutôt Achœus. Ce roi de Lydie, fut pendu sur les rives du Pactole, selon Ovide dans le poëme d’Ibis, pas ses sujets, qui s’étoient révoltés contre lui, parceqi’il avoit volu établie sur eux de nouveaux impôts. Rabelais auroit pu en effet ajouter bien d’autres personnages de l’antiquité, historiques ou fabuleux, qui s’étoient pendus, entre autres Antigone et Menon; mais les huit qu’il nomme sont plus que suffisants pour éclaircir sa pensée, et prouver que le pantagruélion est la corde qui a été substituée de son temps à la hart, pour pendre ceux à qui Dieu avoit refusé la grace de croire à l’infaillibilité du pape, et qui lui préféroient celle de l’Évangile.

Rabelais, François (ca. 1483–1553), Œuvres de Rabelais (Edition Variorum). Tome Cinquième. Charles Esmangart (1736–1793), editor. Paris: Chez Dalibon, 1823. p. 275. Google Books

chenevreaux

Nous avon eu déjà l’occasion de faire remarquer que le père de Rabeials avait possédé des «chenevreaux».

Lefranc, Abel (1863-1952), “«Pantagruelion» et «Chenevreaux»”. Revue des Études Rabelaisiennes, 3, 1905. pp. 402-404. Gallica

Pantagruelion

On sait que l’épisode du Pantagruelion s’appuie sur l’éloge du lin qui ouvre le XIXe livre de l’Histoire Naturelle de Pline. On est cependant en droit de se demander si l’écrivain n’a pas été poussé par une circonstance speciale à composer ces chapitres célèbres. Nous avon eu déjà l’occasion de faire remarquer que le père de Rabeials avait possédé des « chenevreaux » et que le pays tourangeau a été souvent cité comme l’une des régions les plus favorables à cette plante textile. Toutefois, un rapprochement de ce genre ne suffit pas à expliquer le prestigieux éloge du chanvre qui termine le Tiers Livre. Y aurait-il, dans ces pages, un écho de projets contemporains relatifs à un développement de cette culture, devenu désirable en raison de nouveaux besoins économiques ? Un pareil opportunisme cadrerait assez bien avec les habitudes du conteur. L’histoire culturale et industrielle du règen de François Ier n’a pas encore livré tous ses secrets. Aussi ne craignons-nous pas de risquer l’hypothèse, bien que les faits actuellement connus ne nous fixent pas sur son degré de vraisemblance.

Rabelais, François (ca. 1483–1553), Oeuvres. Édition critique. Tome Cinquieme: Tiers Livre. Abel Lefranc (1863-1952), editor. Paris: Librairie Ancienne Honoré Champion, 1931. Introduction, p. c. Internet Archive

linen

Pliny the Elder (23–79 AD), The Natural History. Volume 5: Books 17–19. Harris Rackham (1868–1944), translator. Cambridge, Massachusetts: Harvard University Press, 1950. 19. Loeb Classical Library

Asbeston

Inventum iam est etiam quod ignibus non absumeretur. vivum id vocant, ardentesque in focis conviviorum ex eo vidimus mappas sordibus exustis splendescentes igni magis quam possent aquis. regum inde funebres tunicae corporis favillam ab reliquo separant cinere. nascitur in desertis adustisque Indiae locis, ubi non cadunt imbres, inter diras serpentes, adsuescitque vivere ardendo, rarum inventu, difficile textu propter brevitatem; rufus de cetero colos splendescit igni. cum inventum est, aequat pretia excellentium margaritarum. vocatur autem a Graecis ἀσβέστινον ex argumento naturae suae. Anaxilaus auctor est linteo eo circumdatam arborem surdis ictibus et qui non exaudiantur caedi. ergo huic lino principatus in toto orbe.

Also a linen has now been invented that is incombustible.It is called ‘live’ linen, and I have seen napkins made of it glowing on the hearth at banquets and burnt more brilliantly clean by the fire than they could be by being washed in water. This linen is used for making shrouds for royalty which keep the ashes of the corpse separate from the rest of the pyre. The plant [It is really the mineral asbestos] grows in the deserts and sun-scorched regions of India where no rain falls, the haunts of deadly snakes, and it is habituated to living in burning heat; it is rarely found, and is difficult to weave into cloth because of its shortness; its colour is normally red but turns white by the action of fire. When any of it is found, it rivals the prices of exceptionally fine pearls. The Greek name for it is asbestinon [‘Inextinguishable’], derived from its peculiar property. Anaxilaus states that if this linen is wrapped round a tree it can be felled without the blows being heard, as it deadens their sound. Consequently this kind of linen holds the highest rank in the whole of the world.

Pliny the Elder (23–79 AD), The Natural History. Volume 5: Books 17–19. Harris Rackham (1868–1944), translator. Cambridge, Massachusetts: Harvard University Press, 1950. 19.04. Loeb Classical Library

Screech

Rabelais, François (ca. 1483–1553), Le Tiers Livre. Edition critique. Michael A. Screech (b. 1926), editor. Paris-Genève: Librarie Droz, 1964. Introduction.

Chanvre in Rabelais

Par example, use recherche sir les occurrences de “chanvre” et de “lin” necessitée par l’étude du pantagruélion dans le Tiers Livre a permis de faire les constats suivante:
1. le mot chanvre ne figure jamais dans le corpus — sauf sous la forme “chènevis” dans un autre contexte — alors u’il s’agit bin de ui sur le plan de la référence.
2. la recherche dans l’ensemble de la base (traitée également par Hyperbase) a permis de trouver chez Louis Le Roy (1575), à côté de lin et dans une liste botanique, ne forme chembre qui n’aurait pas paru en relation avec la plante en l’absence de contexte. À partir de là, il faut naturellement rechercher toutes les graphies chembre/chambre dans les autres corpus.

Demonet, Mare-Luce, “Littérature de la Renaissance et informatique. Sur les Électro-chroniques de Rabelais.” In Smith, Paul J., Editer et traduire Rabelais à travers les âges. Amsterdam: Rodopi, 1997. Google Books