Guillaume Du Bellay

Guillaume du Bellay

Some relationship to Piémont, a recurring allusion in these chapters.

Guillaume du Bellay, seigneur de Langey (1491–1543), was a renowned soldier and chevalier in the court of François I, the king of France from 1515 until 1547. Du Bellay was also an illustrious author of history, in Latin and French.

Du Bellay undertook numerous diplomatic and military missions for the king, including conducting François back to France after the king’s capture and imprisonment by his rival Charles V, king of Spain and emperor of the Holy Roman Empire.

Langey avait le corps tout cassé, et les membres perclus, par suite de ses fatigues à l’armée.

Du Bellay’s final mission was to serve as governor of Turin in Piedmont, then occupied by France. Rabelais served as his physician and secretary, and was at his bedside when du Bellay died on his return to France.

Nous (dist Epistemon) en avons naguières veu l’experience on decès du preux & docte chevalier Guillaume du Bellay, lequel vivant, France estoit en telle felicité, que tout le monde avoit sus elle envie, tout le monde se y rallioit, tout le monde la redoubtoit. Soubdain après son trespas elle a esté en mespris de tout le monde bien longuement. [Quart Livre]

Rabelais published the Tiers Livre three years after the decease of du Bellay.


Notes

Guillaume du Bellay

Guillaume du Bellay
Portrait de Guillaume du Bellay (Musée de Versailles)

Victor-Louis Bourrilly [1872–1945]
Guillaume du Bellay. Seigneur de Langey 1491–1543
Paris: Société Nouvelle de Librairie et d’Édition, 1905
Archive.org

Guillaume du Bellay

Guillaume du Bellay

André Thevet [1516–1590]
Pourtraits et Vies des Hommes Illustres
1584

Rabelais et la morte de Guillaume du Bellay

On sait que Rabelais avait suivi à Turin Guillaume du Bellay, seigneur de Langey, loraque celui-ci fut chargé d’exercer, par intérim, en l’absence du maréchal d’Annebault, les fonctions de lieutenant-général du roi en Piémont. Rabelais séfourna donc au delà des Alpes du début de 1540 jusqu’à la fin de 1542; il assistait le sieur de Langey en qualité de médicin et it était son intermédiaire auprès d’humanistes comme Jean de Boyssonné, Guillaume Bigot, et de l’évêque Guillaume Pellicier, ambassadeur du Roi. Son séjour à Turin a été raconté en détail par M. Heulhard [Arthur Heulahard, Rabelais, ses voyages en Italie, son exil à Metz, Paris, 1891, pp. 93-184], et nous n’avons rien trouvé à ajouter à ce qu’il a dit.

En decembre 1542, Guillaume du Bellay, se sentant mortellement atteint du mal qui le minait depuis longtemps, obtint son congé et malgré l’hiver, se mit en route vers la France. Rabelais le suivit avec une nombreuse escorte d’amis et de serviteurs, dont il nous a laissé en partie les noms. Il assista à la mort de son maître, qui se produisit à Saint-Symphorien-en-Laye, près de Tarare, le 9 janvier 1543 [Livre III, chapitre xxi, et livre IV, chapitre xxvii].

Victor-Louis Bourrilly [1872–1945]
Rabelais et la mort de Guilliaume du Bellay, seigneur de Langey (9 janvier 1543)
p. 51
, 51-54

In

Revue des études Rabelaisiennes
Tome 2
p. 51
Paris: Honoré Champion, 1904
Gallica

Tiers Livre, Chapitre XXI

I’ay d’adventaige ouy dire que tout homme vieulx, decrepit, & près de sa fin, facilement divine des cas advenir. Et me souvient que Aristophanes en quelque comedie appelle les gens vieulx Sibylles: [Image]. Car comme nous estans sur le moule, & de loing voyans les mariniers & voyagiers dedans leurs naufz en haulte mer, seulement en silence les considerons, & bien prions pour leur prospère abourdement: mais lors qu’ilz approchent du havre, & par parolles & par gestes les saluons, & congratulons de ce que à port de saulveté sont arrivez: aussi les Anges, les Heroes, les bons Daemons (scelon la doctrine des Platonicques) voyans les humains prochains de mort, comme de port tresceur & salutaire: port de repous, & de tranquillité, hors les troubles & sollicitudes terrienes, les saluent, les consolent, parlent avecques eulx, & ià commencent leurs communicquer art de divination. Ie ne vous allegueray exemples antiques, de Isaac, de Iacob, de Patroclus envers Hector, de Hector envers Achilles, de Polynestor envers Agamemnon & Hecuba: du Rhodien celebré par Posidonius le grand, de Orodes envers Mezentius, & aultres: seulement vous veulx ramentevoir le docte & preux chevallier Guillaume du Bellay, seigneur iadis de Langey, lequel on mont de Tarare mourut le 10 de Ianvier l’an de son aage le climatère & de nostre supputation l’an 1543 en compte Romanicque. Les troys & quatre heures avant son decès, il employa en parolles viguoureuses, en sens tranquil & serain: nous praedisant ce que depuys part avons veu, part attendons advenir.

François Rabelais [ca. 1483–1553]
Le Tiers Livre des faictz et dictz Heroïques du noble Pantagruel. Composez par M. François Rabelais docteur en Medicine
Ch. 21
Paris: Michel Fezandat, 1552
Les Bibliotèques Virtuelles Humanistes

France estoit en telle felicité

Nous (dist Epistemon) en avons naguières veu l’experience on decès du preux & docte chevalier Guillaume du Bellay, lequel vivant, France estoit en telle felicité, que tout le monde avoit sus elle envie, tout le monde se y rallioit, tout le monde la redoubtoit. Soubdain après son trespas elle a esté en mespris de tout le monde bien longuement.

François Rabelais [ca. 1483–1553]
Le Quart Livre des Faicts et dicts Heroïques du bon Pantagruel. Composé par M. François Rabelais docteur en Medicine
c. 26
Paris, 1552
Athena

Temoignages, jugements, critiques, eloges, et autre pieces, consernant Rabelais

Guillelmus Budæs in Epistolis Græcis.

O Deum immortalem & Sodalitatis Præsulem, nostræque amicitiæ Principem ! Quodnam est istud quod audivimus ? Te etenim, o caput mihi exoptatum, & Rabelæsum Theseum tuum intelligo ab istis elegantiæ & venustatis osoribus, sodalibus vestris, obturabatos propter vehemens circa litteras Græcas studium, quam plurimis gravibuaque malis vexai. Papæ ô infaustam vivorum delirationem ! Qui usque adeò sunt animo ineleganti ac stupido, ut quibus cohonestari universum sodalitium verstrum convenerat multùmque sapere, quippe qui exiguo temporis spatio ad doctrinæ fastigium pervenerint, eosdem sanè calumniosè insimulando, in ipsosque conjurando finem imponere conati sunt ornatissimæ exercitationi. Et post alia. Vale & saluta meo nomine quater Rabelæsum scitum & industrium, vel sermone si præsto sit, aut per Epistolas denuncians.

François Rabelais [ca. 1483–1553]
Le Rabelais moderne, ou les Œuvres de Rabelais mises à la portée de la plupart des lecteurs
p. 187
François-Marie de Marsy [1714-1763], editor
Amsterdam: J.-F. Bernard, 1752
Google Books

Jean du Bellay

Or, en 1534, Rabelais était au service de Jean du Bellay, évêque de Paris, que le roi envoyait cette année-là en ambassade à Rome.…

Il se mit en chemin avec sa maison. Passant par Lyon, il y trouva Frère François Rabelais, qu’il avait connu naugère novice à la Baumette, et, pout l’amour du grec, il le prit avec lui comme mèdicin.

Joyeux de parcourir cette terre d’Italie qui avait nourri une des plus belles civilisations du monde et où la science antique s’était réveillee de son long sommeil, Rabelais se promettait de converser avec les savants, d’etudier la topographie de Rome et de chercher des plantes inconnues en France.

Anatole France [1844–1924]
Rabelais
p. 101
Paris: Calmann-Lévy, 1928
Gallica

Ambrun

Embrun, ch.-l. arr. Hautes-Alpes. Rabelais fit probablement l’exploration botanique de cette région lorsqu’il était attaché à Guillaume de Bellay, gouverneur du Piémont. Cf. Heulhard, Rabelais… ses voyages en Italie, p. 116-117.

François Rabelais [ca. 1483–1553]
Oeuvres. Édition critique. Tome Cinquieme: Tiers Livre
p. 374
Abel Lefranc [1863-1952], editor
Paris: Librairie Ancienne Honoré Champion, 1931
Archive.org

Introduction

Entre la publication de Gargantua, en 1534, et du Tiers Livre, en 1546, Rabelais n’a offert au public aucune œuvre nouvelle… Certes, la Bibliothèque français de la Croix du Maine ed. du Verdier nous donne comme publié dans cet intervalle un ouvrage dont voici le titre: Stratagems, c’est-a-dire prouesses et ruses de guerre du preux et tres celebre Langey, au commencement de la tierce guerre Césariane, traduit du latin de Fr. Rabelais par Claude Massuau; Lyon, Seb. Gryph. 1542. Toutefois, personne n’a jamais rencontré un exemplaire de ce livre.

François Rabelais [ca. 1483–1553]
Oeuvres. Édition critique. Tome Cinquieme: Tiers Livre
p. ii
Abel Lefranc [1863-1952], editor
Paris: Librairie Ancienne Honoré Champion, 1931
Archive.org

Introduction

[Rabelais] s’initie, à divers reprises, auprès son autre «patron» Guillaume du Bellay, seigneur de Langey, l’illustre capitaine, l’une des plus hautes figures de l’époque, à la remarquable organisation du Piémont, nouvellement conquis. Quelle vie intense il dut mener dans ses délicates fonctions de médecin, de secrétaire et de confident (milieu de 1540 à décembre 1542) ! Quelles amitiés précieuses n’entretint-il pas avec nombre d’esprits de fine ou profonde culture: savants de tout ordre, écrivains, penseurs, diplomates et agents politiques, artistes !

François Rabelais [ca. 1483–1553]
Oeuvres. Édition critique. Tome Cinquieme: Tiers Livre
p. iii
Abel Lefranc [1863-1952], editor
Paris: Librairie Ancienne Honoré Champion, 1931
Archive.org

Parole de l’énigme

L’année 1536, au retour de Rome, ouvre un autre de ces grand trou biographique: rien pendant plus d’un an. Mais ce pourrait être, pour la première fois, une année de calme, dans un logement attenant à cette abbaye de Saint-Maur. Rabelais révise ses deux premiers livres, pour leur réédition. Béda, le vieil ennemi, subit sa terrible fin dans les cachots du Mont Saint-Michel: ce n’était pas alors un lieu de tourisme. Que l’ennemi perde ne rassure pas sur les risques qu’on court soi (et demeure pour les siècles cette page du Gargantua appelant pour Beda le bûcher).

Les fils rouges tissent ensemble la vie du bachelier Rabelais, qu’on retrouve à Montpellier en 1537, pour ses nouveaux diplômes de médecine, licencié, puis docteur. A l’automne, il donnera des cours sur les Pronostics d’Hyppocrate, et des leçons d’anatomie, s’établira médecin à Narbonne. Six mois plus tard, c’est l’entrevue d’Aigues-Morte, l’incursion provisoire de l’écrivain dans les plus hauts rouages et la proximité du roi: tout voir, tout comprendre. Et nouveau saut dans le noir, écart à angle droit: il ne cherchait pas pension et pantoufles. Travaux diplomatiques, missions confidentielles pour le cardinal? Nouveau retrait discret où l’écriture suffit? Encore un an sans nouvelles. Tournon, le cardinal ennemi des du Bellay, se saisira par deux fois de sa correspondance. Cela justifie peut-être qu’il soit contraint de quitter la suite officielle du diplomate pour rejoindre celle de son frère, Guillaume de Langey, qui vient de prendre en charge l’administration et l’organisation militaire du Piémont occupé.

C’est une nouvelle phase, un arrimage solide: on peut supposer une amitié forte entre les deux hommes. Rabelais part pour Turin. A sa charge, une part des travaux d’écriture de Langey, et, suppose-t-on, la publication perdue d’un livre en italien louant ses mérites. Au printemps 42, il interrompt le séjour à Turin par quelques mois au château de Saint-Ayl, près d’Orléans, qui restera un des refuges ultérieurs, et met au point l’édition dite définitive des deux premiers livres et de la Prognostication. Un privilège royal, laborieusement négocié par ses amis, lui permettra, pour la première fois, de mettre son nom sur ses livres: il a cinquante ans. Signer ses livres de son nom: encore un minuscule rouage qu’il est permis de considérer comme décisif dans la bascule qui sépare le Pantagruel et le Gargantua des deux premiers livres. En janvier 1543, au retour de Turin et bien trop tôt, Guillaume du Bellay meurt près de Roanne. Rabelais convoiera le corps, jusqu’au Mans, par étapes, derrière les chevaux: le récit de l’agonie de Guillaume de Langey fera un des plus belles et mystérieuses pages du Quart-Livre. Geoffroy d’Estissac, l’évêque de Maillezais, meurt en mai: celui qui lui avait ouvert les portes de la vie.
Les deux années qui suivent sont âpres et sombres: jamais le rêve de la Renaissance n’a été aussi foulé aux pieds. Encore une fois on ne sait pas où il est, ce qu’il fait. Tournon est plus fort que du Bellay: le 8 janvier 45, un des plus proches soutiens de Rabelais, François Bribart, secrétaire de du Bellay, est brûlé place Maubert. Répression, censure, enfin la terrible honte du massacre des Vaudois. On n’est pas fier de vivre: c’est pourtant dans cette nuit sur le siècle que Rabelais enfin écrit son troisième grand oeuvre, qui obtiendra son privilège d’édition ce même été. Les appuis à la cour auront provisoirement été les plus forts, au moins le livre existera-t-il. Au printemps 46, onze ans après le Gargantua, fuite ou exil, Rabelais est grâce à Saint-Ayl de l’autre côté de la frontière, à Metz, sans revenu, sans avenir. Du très peu qui nous est parvenu de la correspondance de Rabelais, une lettre de Metz encore, un an plus tard, à du Bellay: si je ne fusse de present en telle necessité et anxieté… si vous ne avez de moy pitié ie ne sçache que doibve faire sinon, en dernier desespoir, me asservir à quelqu’un de par deçà, avec dommage et perte evidente de mes estudes. Il n’est possible de vive plus frugallement que ie fais et ne me sçauriez si peu donner de tant de biens que Dieu vous a mis en mains, que ie n’eschappe en vivotant et m’entretenant honnestement… Voilà pour l’image du Rabelais gaulois, de l’homme à gros ventre et du lard dans la barbe.

François Bon
Quatre préfaces aux livres de François Rabelais. Parole de l’énigme: Préface au Tiers Livre
Paris, 1992
Athena

Guillaume du Bellay

Guillaume du Bellay, seigneur de Langey (1491, château de Glatigny près de Souday, dans le Perche (Loir-et-Cher) – 9 janvier 1543, Saint-Symphorien-de-Lay)

Historien français joignant les talents de la littérature à ceux de la guerre et de la diplomatie.

Il était fils aîné de Louis du Bellay et de Marguerite de La Tour-Landry, et le frère du cardinal Jean du Bellay et de Martin du Bellay. Il signala son courage en diverses occasions, et se fit admirer par sa conduite et sa valeur. Chevalier de l’ordre de Saint-Michel, la duchesse d’Alençon, soeur du roi, l’envoya, en 1525, auprès du roi François Ier, prisonnier en Espagne. Gouverneur de Turin en 1537, il fut ensuite vice-roi du Piémont ; il y reprit diverses places sur les impériaux, et le marquis del Vasto avouait que le seigneur de Langey était le plus excellent capitaine qu’il eut connu.

« Entre grands points de capitaine, qu’avoit M. de Langey, dit Brantôme, c’est qu’il dépensoit fort en espions…. En quoi j’ay ouï conter, qu’estant en Piémont, il mandoit et envoyoit au roy avertissement de ce qui se fesoit ou devoit faire vers la Picardie ou la Flandres ; si que le roy qui en estoit voisin et plus près n’en savoit rien ; et puis après en venant savoir le vray s’ébahissoit, comment il pouvoit découvrir ces secrets. »

Langey avait le corps tout cassé, et les membres perclus, par suite de ses fatigues à l’armée.

Il avait été aussi utile à son souverain dans des ambassades en Italie auprès de Clément VII, puis en Angleterre et en Allemagne. L’an 1542, il partît du Piémont, en litière, pour venir donner quelques avis importants au roi ; mais entre Lyon et Roanne, il se trouva si mal, qu’il fut obligé de s’arrêter au bourg de Saint-Saphorin (aujourd’hui Saint-Symphorien-de-Lay), et y mourut, le 9 janvier 15431.

« Il ne sçait, dit un auteur, ni quand le roy se lève, ni quand il se couche ; mais il sçait bien où sont les ennemis : il se couvre et s’assied devant François Ier ; quand il a chaud, il oste sa fraise et se met en veste. »

« Nous en avons vu naguère l’expérience, au décès du preux et docte chevalier Guillaume du Bellay, du vivant duquel la France était dans une telle félicité que tout le monde l’enviait, tout le monde s’y ralliait, tout le monde la redoutait. Soudain, après son trépas, elle a été bien longtemps méprisée de tout le monde. »
— Rabelais, Quart Livre, chapitre 26, Ed. Marabout, 1963. Adapté au français moderne, Maurice Rat.

Guillaume du Bellay ne s’est pas moins illustré dans la république des lettres que dans les armes.

Publications

On a de lui plusieurs ouvrages, dont on trouve la liste dans la Bibliothèque chartraine de Dom Liron, et dans celle de la Croix du Maine et d’Antoine du Verdier ; les principaux sont :
1. Instructions sur le fait de la guerre, Paris, 1548, in-fol. ;
2. Epitome de l’antiquité des Gaules et de France, suivi de quelques opuscules du même auteur, 1556, in-4°, réimprimé en 1587. L’ouvrage est divisé en 4 livres. II fait descendre les Gaulois de Samothès, fils aîné de Japhet ; et les Français, du mélange des Troyens échappés de la ruine de Troie, et des Gaulois qui avaient été au secours de cette ville.
3. Les mémoires de messire Martin Du Bellay, seigneur de Langey. Contenans le discours de plusieurs choses advenues au Royaume de France, depuis l’an M.D.XIII. jusques au trespas du Roy François premier, auxquels l’Autheur a inséré trois livres, & quelques fragmens des Ogdoades de Messire Guillaume Du Bellay, Seigneur de Langey, son frère. Paris, Abel l’Angelier, 1585. Des mémoires sur les affaires de son temps, réimprimés avec ceux de Martin du Bellay, son frère, et du maréchal de Fleuranges, et le Journal de Louise de Savoie, Paris, 1735, 7 vol. in-12. L’abbé Lambert, éditeur, a fait des notes historiques et critiques, et des corrections dans le style et quelques altérations. Les mémoires de Martin et Guillaume avaient été imprimés plusieurs fois dans le XVIe siècle, en 1569, 1572, 1582, 1588, in-fol. ; 1570, 1573, 1586, in-8°, etc. Langey avait intitulé son ouvrage les Ogdoades (Huitaines) ; il l’avait d’abord composé en latin, puis le traduisit en français, par ordre du roi. Il avait fait ses divisions de huit en huit livres ; de là le nom d’ Ogdoades. Une très petite partie de cet ouvrage a été publiée.

Ses mémoires ont été réimprimés au XIXe siècle dans la coll. Petitot et la coll. Michaud. C’est à ces deux illustres frères que revient surtout l’honneur d’avoir convaincu François Ier d’attirer autour de lui les savants et les beaux esprits de son temps.

Langey a pris naturellement le parti de François Ier contre Charles Quint ; et, à l’occasion de cette partialité, Montaigne dit:

« Je ne veux pas croire qu’il ayt changé quant au gros du fait ; mais de contourner le jugement des événements, souvent contre raison à notre avantage, et d’omettre tout ce qu’il y a de chatouilleux en la vie de son maistre, il en fait métier : témoins les disgrâces de Montmorenci et de Biron, qui y sont oubliées : voire le seul nom de madame d’Etampesne s’y trouve point. On peut couvrir les actions secrètes ; mais de taire ce que tout le monde sçait, et les choses qui ont eu des effets publics et de telles conséquences, c’est un défaut inexcusable. »

En parlant de la magnificence qu’étalèrent les courtisans à l’entrevue du Drap d’or, en 1520, entre François Ier et Henri VIII, il dit,

« Que leur dépense fut telle, que plusieurs y portèrent leurs moulins, leurs forêts et leurs prés sur les épaules. »

On lui fit cette épitaphe :

Ci gît Langey, dont la plume et l’épée
Ont surmonté Cicéron et Pompée.

La suivante est de Joachim du Bellay :

Hic situs est Langœus ! ultra nii qusere, viator
Nil majus dici, nil potuit brevius.

Jean et Martin du Bellay, ses frères, lui firent élever un beau mausolée dans l’église cathédrale du Mans.

Wikipédia (Fr.)
Wikipédia

Posted 18 December 2015. Modified 31 March 2017.

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